Contrat de régulation économique d’ADP : le SCARA dénonce un projet qui fait payer aux dessertes point-à-point européennes, domestiques et ultramarines la priorité donnée au hub de Roissy-CDG

3 Août
  • Un accord État-ADP sur le CRE 2027-2034, applicable au 1ᵉʳ janvier 2027
  • Une concertation non aboutie : un DPC révisé qui ne bouge qu’à la marge
  • Derrière une moyenne de 2,1 % par an, des hausses très inégales selon les dessertes
  • Le hub : 29,5 % du trafic, 40 % des investissements
  • La demande du SCARA : des hausses limitées à l’inflation pour préserver l’attractivité de la France

Aéroports de Paris (ADP) vient d’annoncer un accord avec l’État sur le projet de contrat de régulation économique (CRE) 2027-2034. Son directeur général a qualifié cet accord d’« étape majeure » avant son entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2027.

Une concertation non aboutie

L’annonce s’accompagne de la publication d’un nouveau document public de concertation (DPC), qui fait suite au DPC initial de janvier devant recueillir les dernières observations des compagnies aériennes et de toute partie intéressée.

Ce nouveau document ajuste à la marge les hypothèses de trafic et d’investissements tout en maintenant une orientation que le SCARA conteste depuis plusieurs mois : faire porter aux dessertes aériennes point-à-point européennes, domestiques et ultramarines le financement d’une stratégie qui ne les concerne pas directement puisqu’elle vise à attirer des lignes internationales et à faire de Roissy-CDG un hub de correspondances apte à rivaliser avec les grandes plateformes internationales.

 

 

Derrière une moyenne de 2,1 % par an, des hausses très inégales

Sur la durée du CRE, ADP annonce une augmentation tarifaire moyenne de 2,1 % par an hors inflation. Cette moyenne masque des écarts considérables d’une catégorie de desserte à l’autre. Hors inflation, les redevances passagers progresseront de 34 % sur les lignes domestiques et de 21 % sur les liaisons européennes et ultramarines, contre 16 % seulement sur les dessertes internationales. Inflation comprise, ces hausses atteignent respectivement 48 %, 34 % et 28 %.

 

29,5 % du trafic, 40 % des investissements : priorité donnée au hub de Paris-CDG

Le même déséquilibre se retrouve dans l’affectation des 8,2 milliards d’euros d’investissements programmés : le CRE prévoit que près de 40 % iront au hub de correspondances de CDG et 20 % aux liaisons point-à-point, les 40 % restants correspondant à des investissements communs. Or les passagers en correspondance ne représentent que 29,5 % du trafic total des plateformes d’ADP.

Ces mêmes passagers en correspondance bénéficieront en outre d’un abattement renforcé sur les redevances. Leur tarif baissera, hors inflation, de 23 % pour l’international, de 19 % pour l’Europe et l’outre-mer et de 11 % pour le domestique, soit respectivement après inflation -18 %, -11 % et -2 %.

 

TSBA, CDG Express : une addition de charges qui pèse sur l’attractivité française

Le SCARA rappelle qu’une étude de la DGAC a établi que la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) sur les dessertes françaises et européennes de 4,77 € en classe économique et 3,70 € en classe affaires, soit des montants de hausse par billet comparables à ce que prévoit le CRE 2027-2034, a contribué à la baisse d’attractivité de la France auprès des compagnies aériennes.

À cette charge s’ajoutera la « contribution spéciale CDG Express », destinée à financer l’intermodalité entre l’aérien et les transports terrestres publics parisiens. Perçue à compter d’avril 2027 sur chaque passager au départ et à l’arrivée de CDG, pour un montant encore inconnu mais plafonné à 1,40 €, elle renchérira un peu plus le coût d’exploitation des lignes concernées et accentuera le manque d’attractivité.

 

Les demandes du SCARA

Le SCARA appelle l’État à réexaminer sa proposition, afin que chaque usager des plateformes aéroportuaires d’ADP acquitte le juste prix des services qui lui sont rendus, sans avoir à financer des choix stratégiques qui ne le concernent pas.

Dans un esprit de concertation transparente et objective, il réitère sa demande d’un scénario d’investissements alternatif, compatible avec une limitation des hausses tarifaires au niveau de l’inflation pour les dessertes point-à-point européennes, domestiques et ultramarines.

Il alerte l’État sur les risques que l’augmentation continue des taxes et des redevances aéroportuaires fait peser sur l’attractivité de la destination France.

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